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post Paroles de bondageur : Luvbight

janvier 24th, 2008

Classé dans : Interview — admin @ 20:52

Note to our foreign visitors : you can read this interview in english by clicking on the title of this post (the english version is at the bottom of the page).

Bonjour, quel est votre nom ou nom de scène ?
Mick Luvbight.

Depuis combien de temps pratiquez-vous le bondage et comment avez-vous commencé ?
J’ai été attiré par le bondage depuis l’age de 6 ans mais je n’ai pas eu la chance de pouvoir y jouer avant l’université.

Qu’aimez-vous dans le bondage ? Que recherchez-vous au travers de sa pratique ?
J’utilise des instruments de contrainte en corde, métal ou cuir pour contrôler une femme, pour la rendre vulnérable, et pour la soumettre à mes volontés.

Quelles sont vos photographies personnelles préférées ? Pouvez-vous nous faire quelques commentaires sur chacune de ces images ?

Celle-ci est intitulée “en vol”. Le modèle est Dee Luvbight, ma femme, esclave, amante et petite amie.
J’aime les contradictions … La corde est utilisée pour confiner et contrôler, mais à l’arrivée on y voit un corps en extension et libre.

 

Celle-ci s’intitule “Trois cadenas”. Elle montre les piercings vaginaux extrêmes de Dee. Il y a 9 trous alignés en 3 rangées ce qui permet de piercing de chasteté très efficace.

Celle-ci est intitulée “endormie”. Cette image n’est pas seulement belle, elle montre aussi ce lit tout en acier et de très grandes dimensions que j’ai fait faire sur mesure pour notre maison au Texas. La structure en porte-à-faux peut supporter un poids de 1000 kg et le lit dispose de nombreux points d’attaches.

Où nos lecteurs peuvent-ils apprécier votre art (site web, démonstrations, shows, …) ?
Sur notre site web : www.luvbight.com.
C’est un site gratuit qui contient notre galerie de photos et notre journal en ligne.

Où trouvez-vous votre inspiration ? Comment travaillez-vous ?
Je suis un artiste et un ingénieur.
Je recherche des possibilités de réaliser des bondages dans tout ce que je vois, et je trouve parfois une nouvelle façon d’attacher mon modèle (une voiture de train, un container de marchandises, une grotte, un monument en pierre ou une autre femme à laquelle la lier).
J’aime beaucoup la flexibilité apportée par les cordes et j’essaye d’apprendre tant les styles orientaux qu’occidentaux.
Mais j’apprécie aussi le coté permanent de métal et j’aime souder mes propres créations en métal comme des cages, des machines à baiser ou notre fameux lit.

Mick, en ce qui concerne vos modèles, quels sont vos critères de choix ?
Lorsque j’ai épousé Dee, je lui ai dit que je rêvais de devenir un grand photographe de bondage. Elle m’a alors répondu que c’était très bien tant qu’elle serait le modèle. Du coup, cela fait 8 ans que j’illustre notre vie au travers du bondage.
Nous incluons parfois d’autres femmes dans nos scènes et je recherche alors des femmes qui ont un contact sensuel avec Dee.

Dee, quels sont vos critères pour choisir les personnes qui vous bondagent ?
Compétence et créativité. Amusement. Confiance.

Quel genre de musique aimez-vous écouter lorsque vous pratiquez ?
Nous écoutons une grande variété de musiques durant nos jeux, mais les meilleurs sont Depeche Mode, VAST, Madonna, Rammstein, Butt Boy, Nine Inch Nails, Blue Man Group et The Crystal Method.

Y a-t-il quelque chose que vous n’avez jamais fait et que vous aimeriez réaliser ?
Dee a réalisé tous mes fantasmes de jeunesse. Je cherche donc désormais à vivre de nouveaux fantasmes. J’essaye de trouver des scènes de bondage encore plus originales et sévères pour les expérimenter sur Dee, et je travaille dur pour améliorer mes talents de photographe afin de mieux capturer ces moments.

Y a-t-il autre chose que vous souhaitez nous dire ?
Nous détenons le record du monde en matière de quantité de corde utilisée pour un bondage :

  • date : 14 novembre 2006
  • temps de réalisation : 2 h 49 mn
  • longueur de cordes : 1 845,6 mètres
  • poids des cordes : 189,2 kg

Nous avons essayé de faire officialiser cette performance dans le Livre Guiness, mais ils n’ont pas été intéressés par ce record.
Nous avons vérifié auprès de nombreux bondageurs sur tous les continents et aucun ne s’est targué d’avoir fait un bondage avec plus de cordes.

Merci Mick et Dee d’avoir répondu à cette interview. Continuez à nous régaler avec vos galeries si originales !

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Mots clés bondage, Interview

post Soirée bondage à Paris le 25 janvier

janvier 14th, 2008

Classé dans : Manifestations — admin @ 20:09

Après une éclipse de près d’un an, nous animons à nouveau une soirée bondage le vendredi 25 janvier, mais désormais dans le cadre des Nuits Barbares.
Au programme, une démonstration de bondage sur les personnes qui se seront portées volontaires, puis un atelier pratique où les personnes qui le souhaitent pourront apprendre à réaliser un bondage sur leur partenaire.
Et bien entendu, nous nous ferons un plaisir de répondre à vos questions durant toute cette soirée.
Alors si vous avez envie d’assister à une séance de bondage ou envie d’apprendre à en faire, rendez-vous le 25 janvier au club Le Papillon, près des Halles.

Mots clés bondage, démonstration

post Paroles de bondageur : LqqkOut

janvier 12th, 2008

Classé dans : Interview — admin @ 17:55

Note to our foreign visitors : you can read this interview in english by clicking on the title of this post (the english version is at the bottom of the page).

Bonjour, quel est votre nom ou nom de scène ?
LqqkOut, qui se prononce comme le mot LookOut (NdT : le mot lookout a plusieurs significations dont celle de guetteur et celle de vue, perspective).

Depuis combien de temps pratiquez-vous le bondage et comment avez-vous commencé ?
J’ai commencé à faire du bondage il y a 6 ans. Nous étions moi et ma copine dans une boutique pour adultes où ils vendaient des cordes. Ma copine me demanda si j’étais d’accord pour l’attacher. J’étais un peu hésitant au début, mais à partir du moment où je me suis lancé, mon obsession pour ces jeux n’a cessée de croître.
Mes connaissances ont énormément progressé ces deux dernières années au cours desquelles j’ai adopté un mode de vie un peu excentrique et où j’ai assisté à de nombreux événements.

Qu’aimez-vous dans le bondage ? Que recherchez-vous au travers de sa pratique ?
J’aime les aspects artistique, prise de contrôle et technique que l’on trouve dans le bondage. Si les les beaux corps peuvent être admirés habillés ou non de cordes, j’aime aussi observer le travail des cordes en cherchant à deviner comment le bondageur a réalisé son oeuvre.
J’aime aussi les challenges dans le bondage, par exemple lorsque les gens disent “je n’ai pas la patience pour faire ce bondage” ou “c’est trop difficile”. Je me sens alors fier de savoir que je peux le faire.
Je suis à la recherche de connexions quand je joue, d’une sorte d’émotion partagée avec la personne que je bondage. Je sais que j’ai réussi un bon boulot quand ma partenaire se laisse aller et ressent toutes les émotions que peut procurer ce jeu.

Quelles sont vos photographies personnelles préférées ? Pouvez-vous nous faire quelques commentaires sur chacune de ces images ?

Ma photo préférée est un cliché plein de tendresse pris sur scène avec ma petite amie Vincenza.
En mars 2006, nous avons été ensemble à Tokyo pour étudier avec Steve Osada. Cette série de photos a été faite peu après notre retour et illustre de nombreuses techniques que j’ai apprises lors de ce séjour, techniques qui j’ai désormais intégrées à mon style.

Cette photo, qui est antérieur à la précédente, illustre la toute première suspension que j’ai réalisée. Max de www.bondagelessons.com à Seattle nous aida tous les 2 à réaliser ce bondage. Lorsque cette photo fut prise, nous étions remplis de joie et d’un sentiment d’accomplissement face à ce qui constituait une étape majeure de notre expérimentation en matière de bondage.

Ces deux premières photos ont été prises par Lochai (www.kiranawa.com) dont le travail nous a fortement inspiré et dont nous apprécions énormément l’amitié.

Cette dernière photo m’a beaucoup surpris la première fois que je l’ai vue. On m’avait souvent parlé de l’intensité et de la concentration qui peuvent se lire sur mon visage lorsque je bondage, mais je ne l’avais jamais vu moi même avant que cette photo ne soit prise un dimanche soir en clôture d’une conférence sur le bondage qui avait duré tout le week-end. Alors que j’aurais dû être épuisé et couché à la maison depuis au moins quatre heures, j’ai plus bondagé au cours de cette nuit que je l’avais fait par le passé. J’étais totalement plongé dans mon élément.

Où nos lecteurs peuvent-ils apprécier votre art (site web, démonstrations, shows, …) ?
Les autres photos de la série correspondant à l’image précédente peuvent être vues sur www.kirinawa.com/lqqkout.
Ceci étant, je bondage souvent dans des endroits où il est interdit de prendre des photos, ce qui explique que les images de mes réalisations soient assez peu nombreuses.
J’enseigne au cours de nombreuses manifestations aux Etats-Unis, y compris au Shibaricon qui rassemble nombre des meilleurs bondageurs des USA, du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’Australie.
A coté du bondage, je présente aussi diverses activités pour adultes.
Les informations sur les cours que je propose sont disponibles sur mon site www.kinkfriendly.org.

Où trouvez-vous votre inspiration ? Comment travaillez-vous ?
Je trouve véritablement mon inspiration dans le bondage japonais, en particulier dans les performances de Steve Osada.
Je suis aussi inspiré par les fantaisies de mes partenaires. Je m’efforce de comprendre ce qui les excite et je bâtis une scène en utilisant ce que j’ai identifié.
Souvent, le déroulement naturel d’une scène et le fait d’”écouter ses cordes” aboutissent à des résultats imprévus mais excellents. Mais cela demande une concentration totale.

En ce qui concerne vos modèles, quels sont vos critères de choix ?
J’aime attacher tous les types de personnes, quel que soit leur sexe et leur expérience dans ce domaine. En règle générale, si quelqu’un aime les cordes ou veut essayer le bondage, je prend plaisir à l’aider à explorer ce domaine.

Quel genre de musique aimez-vous écouter lorsque vous pratiquez ?
J’aime différents types de musique en fonction de l’énergie de la scène. Dans les scènes calmes, je travaille souvent en silence et parfois avec des musiques d’ambiance ayant des rythmes lents (en général des morceaux instrumentaux calmes), mais pour les scènes plus énergiques, rien ne vaut les rythmes très durs de la musique techno de Prodigy ou Daft Punk.

Y a-t-il quelque chose que vous n’avez jamais fait et que vous aimeriez réaliser ?
Je aimerais pouvoir devenir un professionnel à la fois dans le bondage et dans l’enseignement d’activités pour adultes.

Y a-t-il autre chose que vous souhaitez nous dire ?
Merci de m’avoir donné la possibilité de participer à Encordées.

Merci LqqkOut d’avoir répondu à nos questions. Peut-être aurons-nous un jour le plaisir de vous voir à l’oeuvre sur scène …

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Mots clés bondage, Interview

post Anecdote …

janvier 9th, 2008

Classé dans : Uncategorized — admin @ 21:43

Découverte par un de nos visiteurs, cette charmante anecdote racontée avec beaucoup humour par Serge Roué sur son blog Les irréguliers, et que nous reproduisons avec son aimable autorisation :

Vendredi de veille de Noël. Librairie “Les mots à la bouche” (Paris, Marais), à la recherche du “Théâtre écorché” de Warlikowski. Un homme d’âge avancé ne trouve plus la libraire, en interpelle un autre à la caisse. C’est qu’il cherche des livres bien particuliers. Il tend à qui veut la lire quelques feuilles agrafées. Une liste de livres sur le bondage. Ecrit en gros, en haut, à droite de la première feuille : “Encordées”, sans doute le nom d’un site Internet de référence. La libraire, partie à la recherche du Warlikowski, revient avec mon livre et confirme au vieil homme sa crainte. Les titres qu’il demande sont épuisés. Il faut essayer amazon.com ou des sites spécialisés de vente en ligne. L’homme, dépité, repart, saluant d’un bon mot la clientèle qui s’agite à attendre son tour à la caisse, assez amusée par ce délicieux manège. Je pense au carton qui clôt le clip de Madonna, “Justify my love”, photographié par Mondino et mis à l’Index par le Vatican : “Poor is the man whose pleasures depend on the permission of another”…

Mots clés anecdote

post Paroles de bondageur : Esinem

janvier 6th, 2008

Classé dans : Interview — admin @ 14:06

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Bonjour, quel est votre nom ou nom de scène ?
Je m’appelle Bruce Argue et mon nom d’artiste est Esinem. Je me suis inspiré du nom de l’artiste de rap Eminem en introduisant les lettres “SM”.

Depuis combien de temps pratiquez-vous le bondage et comment avez-vous commencé ?
Je pense que mon attrait pour le bondage a pris naissance durant mon enfance. J’aimais beaucoup les jeux de prisonniers et de personnes attachées.
Cette attirance refit surface de nombreuses années plus tard alors que je commençais à improviser des bondages dans la chambre avec des cravates, des ceintures, en fait tout ce qui me tombait sous la main.
Il y a une dizaine d’années environ, j’ai assisté à un événement fétichiste, le Rubber Ball, et depuis je suis devenu un habitué des nombreux clubs fetish et SM de Londres.
Puis, il y a 9 ans environ, un article sur le shibari paru dans un magazine déclencha mon inspiration. Cet article montrait non seulement que le bondage pouvait aller bien plus loin que ce que je pensais et pouvais se suffire à lui seul, mais que c’était quelque chose de très créatif et beau. J’ai alors commencé à dévorer toutes les informations que je trouvais, j’ai acheté le livre de Midori, assisté à un atelier qu’elle animait et passé un peu de temps avec Drachenmann (Mathias Grimme).
Depuis lors, j’ai soigneusement observé le travail des autres.
J’ai effectué mon premier bondage en public alors que je venais de proposer à mon ami Adam, avec qui je partage parfois la scène, de l’aider à dominer son amie qui faisait semblant de résister pendant qu’il la cravachait chez Torture Garden. On me fit de nombreux compliments et on me demanda de continuer. La Maîtresse du Donjon m’invita à me produire sur scène lors d’une prochaine soirée. Je fus bien évidemment ravi d’accepter. A partir de là je devins de plus en plus présent dans nombre de clubs.
Au cours des dernières années, j’ai aussi animé des cours d’une journée.
Et depuis tout ce temps, j’ai bien dû animer des centaines de séances, peut-être mille.
Plus récemment, j’ai passé un bon moment au Japon où j’ai eu l’opportunité d’étudier avec Arisue Go et je devrais bientôt rencontrer Steve Osada.

Qu’aimez-vous dans le bondage ? Que recherchez-vous au travers de sa pratique ?
J’aime le bondage parce qu’il offre de nombreuses possibilités. Il peut être beau, sensuel, érotique, cruel, dominateur ou utilitaire suivant la façon dont vous le réalisez. Il peut être l’outil SM le plus souple d’emploi de sorte que les scènes que l’on crée par son intermédiaire peuvent être totalement différentes. On peut tout aussi bien appliquer les cordes de façon précise, douce et sensuelle, que les employer de façon agressive pour soumettre sa “victime”. Et il existe toutes sortes de combinaisons entre ces deux extrêmes.
Les meilleures scènes sont pour moi celles dans lesquelles j’obtiens une forte réaction, lorsque ma partenaire entre en sub-space, et lorsque s’établit une communication non verbale intense.
J’espère continuer à apprendre et à améliorer ma technique. On me dit que j’ai un style particulier lors de mes performances, parfois rapide et plein d’énergie, parfois un peu malicieux. Je veux arriver à associer tout cela avec les connaissances que je peux glaner lors des leçons prises auprès des meilleurs nawashis, tout en évitant de devenir le clone d’une école ou de perdre ma personnalité.

Quelles sont vos photographies personnelles préférées ? Pouvez-vous nous faire quelques commentaires sur chacune de ces images ?

Une photographie assez étrange de mon modèle préféré , Anna, avec un bondage des bras.

Des expériences qui m’ont bien plu autour d’un standard appelé takata-kote.

 

J’aime l’humour de cette photographie d’une Bunny encordées.

Où nos lecteurs peuvent-ils apprécier votre art (site web, démonstrations, shows, …) ?
J’ai un site gratuit, www.esinem.com, qui offre une importante galerie, des informations sur les cours que je donne et sur les prochains shows “officiels”, parmi lesquels on peut citer récemment “La Nuit Demonia” et “Wasteland”. J’utilise le terme “officiel” parce que je me produis aussi souvent dans des clubs à Londres tels que Torture Garden, Hades et Subversion.
On peut aussi me voir à l’oeuvre dans deux vidéos (DVD) produits par Asphyxiation Films : Dr Sadistic et The Dentist in Miss Jones.
Mon travail apparaît de plus en plus souvent dans la presse et, cette année, j’ai eu la chance d’apparaître dans le magazine japonais le plus connu de bondage, SM Sniper.

Où trouvez-vous votre inspiration ? Comment travaillez-vous ?
La meilleure source consiste à regarder et à apprendre des autres. Mes plus grandes influences viennent de Osada Steve, Arisue Go, Kazayu, Drachenmann, EVie, Jon Blake, Elly the Nomad, Zamil et plusieurs autres artistes très talentueux que j’ai eu l’honneur de pouvoir observer.
En outre, je trouve des sources d’inspiration dans des photos sur le Net, ainsi que dans des magazines japonais.
La plupart du temps, mon travail est très instinctif. Même lorsque je démarre avec un plan en tête, je finis par entrer dans une sorte d’état second et je réalise quelque chose de complètement différent. Et comme j’aime les soumises assez volontaires, cela se traduit souvent par une sorte de combat, de nombreux noeuds étant appliqués de façon opportuniste; le bras ou la jambe se retrouvent attachés dans la position où ils se trouvaient à un instant donné.
Les scènes de ce genre sont très dynamiques.

Esinem, en ce qui concerne vos modèles, quels sont vos critères de choix ?
Cela dépend de l’objet du bondage : est-ce pour un jeu ou pour une performance ? Autrement dit une soumise ou un modèle ? Dans les deux cas, ainsi que je l’ai souligné, je préfère les soumises qui aiment jouer et qui aiment les cordes au point d’entrer en sub-space ou d’être très excitées … Au mieux, qu’elles soient tout cela à la fois !
Pour les performances, il faut que l’on soit sur la même longueur d’ondes, sinon autant utiliser un mannequin pour modèle. Imaginez un tango techniquement parfait mais sans la moindre émotion, comparé à la même danse moins parfaitement exécutée mais avec des personnes réellement passionnées.
Je pense qu’une performance de bondage est comme une danse, le bondageur et le modèle devant être dans le même mouvement. Le modèle doit être capable d’aider le bondageur en anticipant par exemple une transition lors d’une suspension comme une inversion. Cela peut faire la différence entre un mouvement gracieux et l’impression que l’on charge un sac de patates sur un camion.
Quelques modèles, comme Kumimonster, sont aussi très flexibles et ont une grande résistance à la douleur et elles sont capables de magnifier le travail du bondageur.
Par chance, je dispose avec Anna d’un modèle en tous points parfait.

Anna, vous qui êtes le modèle préféré d’Esinem, quels sont vos critères pour choisir les personnes qui vous bondagent ?
Hummmm … J’ai plusieurs réponses à cette question. Tout d’abord quelqu’un qui travaille en toute sécurité. Si je veux être totalement dominée, je vais chercher un bondageur qui utilise ses cordes de façon très dure, mais si je veux jouer avec les cordes, alors je recherche quelqu’un qui saura me faire balancer depuis une poutre et jouer en me faisant me tortiller.
Je recherche donc un bondageur capable de ressentir ce dont j’ai envie et de m’attacher en fonction de mon humeur. J’en demande beaucoup, n’est-ce-pas ? :-)

Quel genre de musique aimez-vous écouter lorsque vous pratiquez ?
Compte-tenu du fait que j’ai un style plutôt énergique, j’aime les musiques qui correspondent à cela, comme Ministry et Nirvana.
Si je joue dans un club, mais que je ne suis pas dans le cadre d’une performance préparée, je fais rarement attention à la musique. Dans ces circonstances, mon univers se réduit à ma corde et à ma partenaire.
En privé, j’aime les chants grégoriens et les chorales, probablement des reliquats de mon éducation catholique.
Bien entendu, si je suis d’humeur particulièrement sadique, je serais capable de la ligoter et de lui passer en boucle les Cheeky Girls !

Y a-t-il quelque chose que vous n’avez jamais fait et que vous aimeriez réaliser ?
Je suis un plongeur expérimenté et je voudrais faire des photos de shibari sous l’eau. J’ai trouvée une volontaire qualifiée mais pas encore l’opportunité de faire cette séance.
Je voudrais aussi attacher quelqu’un au beaupré d’un vieux gréement afin d’en faire une figure de proue.
J’ai aussi en projet de réaliser une vidéo. J’aimerais produire quelque chose dans le style des films de bondage japonais mais sans chercher à copier les accessoires et les vêtements. Ces derniers plairaient sans doute à un public occidental mais les spectateurs orientaux pourraient n’y voir qu’une parodie et préférer un look plus occidental et plus fétichiste.
Enfin, mon ambition ultime serait d’être considéré comme un vrai nawashi. Tout le monde peut rêver …

Y a-t-il autre chose que vous souhaitez nous dire ?
Je trouve qu’il est intéressant d’observer comment les gens qui pratiquent le bondage en occident regardent vers le Japon pour y trouver leur inspiration et copier le plus petit détail, alors que nombreux sont ceux au Japon qui admirent les approches différentes qu’ils voient en occident.
J’ai entendu nombre de commentaires positifs en provenance de Japonais à propos de bondageurs dans des tenues fétichistes et exprimant une certaine émotion. Ca les change de leurs maîtres en bondage aussi expressifs que des joueurs de poker avec leurs éternelles lunettes de soleil.
Je sais que certains disent que seuls ceux qui se sont entraînés au Japon peuvent faire du shibari / kinbaku. Cependant, en dépit des anciennes pratiques qu’étaient le Hojujutsu et les techniques de tortures avec des cordes, le bondage japonais actuel ne possède pas de vraie tradition. C’est une forme d’art récente qui a beaucoup évolué au cours des dix dernières années et qui va continuer à se développer et à évoluer.
En ce qui concerne l’occident, on voit nombre de choses présentées comme étant du shibari mais qui ne sont que très vaguement inspirées par lui. Peu de gens sont capables de le pratiquer de manière authentique.
Cependant les choses sont en train de changer et il y a maintenant quelques très bons bondageurs hors du Japon.
Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire par le monde des arts bien établi à propos des nouveaux venus : “ceci n’est pas de l’art !”. Très souvent, ceux qui rompent la tradition finissent pas être les plus acclamés. Lorsque l’on arrive à un certain standard, il est difficile de dire si c’est du shibari ou non, et en conséquence, il est encore plus difficile de dire qui peut émettre un jugement.

Merci Esinem du soin pris à répondre à cette interview. Nous espérons avoir le plaisir de vous voir à l’oeuvre un de ces jours.

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Mots clés artiste, bondage, Interview
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